Blog sur le Portugal

Voyages, actualites, histoire, culture, faits divers, images du Portugal, photos, regards sur le monde portugais, à decouvrir ou à redecouvrir.

mercredi 27 février 2013

On se souvient de Guimaraes




 On se souvient de la ville de Guimarães, qui en 2012 a été élue Capitale Européenne de la Culture, au symbole em forme de coeur.




Cette ville du nord du Portugal récèle de jolis monuments. 


On se souvient de l’imposant château où, au XIe siècle, vécurent Henri de Bourgogne et sa femme Teresa de Léon.





Voici, dans une version plus moderne, leur fils Afonso Henriques, le premier roi du Portugal en tant que nation indépendante.










Les rues de Guimarães ont de nombreux témoignages de ce long passé historique, qui se laisse découvrir à chaque coin de rue. Murailles, églises, façades baroques, attirent les amateurs de la photo.

Du haut du château de Guimarães on a vue sur le Palais des Ducs de Bragance, un imposant manoir du XVe siècle.


Voilà un peu de son histoire. C’est un ensemble de bâtiments assemblés autour d’une cour centrale.



Source:

Ce site permet une visite virtuelle du monument, avec aussi des explications en portugais et en anglais et des images des différentes salles. Roteiro da Visita:

http://pduques.imc-ip.pt/pt-PT/Paco_Duques/pdvisita/ContentDetail.aspx
 
il suffit de “cliquer” sur la sale qu’on veut “visiter”. Par exemple la chapelle:


ou les collections:


La construction du palais a été ordonnée par Dom Afonso, fils illégitime du roi Portugais D. João Ier. Pendant les siècles qui ont suivi, le monument a subi un certain abandon car les proprietaires sont allés s’installer à Vila Viçosa.

D’importants travaux de renovation ont eu lieu au XXe siècle et ainsi le palais, devenu musée, est un lieu très visité par les touristes portugais et étrangers.
L’intérieur du monument permet aux visiteurs d’apprécier des tapis et les belles tapisseries qui recouvrent ses murs, les tableaux, le mobilier historique, les porcelaines, etc. (merci aux auteurs qui partagent les vidéos)

Le Palais des ducs de Bragança a servi de décor pour les prises de vue du filme Jeanne la Folle



 
                 Paço dos Duques em Juana La Loca, 2001 cinemaemguimaraes 
Excerto do filme Juana La Loca, de Vicente Aranda.
.
Rodagem em Guimarães, Paço dos Duques de Bragança, 2000-2001


Paço dos Duques de Bragança publié par

.MaisportugalTV (le palais aprés quelques moments de publicité)

mercredi 20 février 2013

Une ile a Tavira, en Algarve



Tavira est une ville du sud du Portugal, située sur la côte est de l’Algarve. En regardant cette carte, on peut situer la ville (à droite au-dessus du cercle rouge) et apercevoir l’ensemble d’îlots et îles barrière qui séparent l’Atlantique de la lagune Ria Formosa.

Il est toujours agréable de visiter ces îles, une promenade en bâteau, suivie d’un détour par les immenses étendues de sable fin, même lorsque les hivers sont doux.
En face de la ville de Tavira, la lagune se rétrécit, et la traversée ne prend que quelques dix minutes. 

 
L’environnement est très léger, sans structures elevées; il s’agit d’une réserve naturelle; le relief se confond avec le niveau de l’océan et de la lagune.



L’océan s’élargit jusqu’à l’infini, offrant localement ses eaux d’azur et peu profondes. Un été, une légère brise effleure les visiteurs qui s’aventurent à la découverte de l’île.

La plupart du temps, le silence règne en maître sur les lieux, car les véhicules à moteur ne sont pas autorisés. Parfois le calme est rompu par la musique des bars et restaurants, et l’ambiance devient animée.


 Ces locaux attirent beaucoup de jeunes qui se reunissent dans ce site un peu sauvage, et qui apprécient le camping sous les feuillages des pins parasols et des mimosas.




Le ciel bleu entoure la mer aux légers clapotis. L’île de Tavira est un petit paradis pour les vacances des familles.


J'ai choisi une vidéo qui montre la partie orientale de l'Algarve, qui forme l'île de Tavira, aux eaux peu profondes



Tavira beach, Eastern Algarve, Portugal publié par video20uploader
Voici aussi des images rythmées d’un groupe folklorique de Tavira
(merci aux auteurs des vidéos)

 
Tavira beach, Eastern Algarve, Portugal
rancho folclorico santa catarina - tavira

altocalhau


jeudi 14 février 2013

Lettres d une religieuse portugaise



Habitants de Beja, devant le couvent de "Nossa Senhora da Conceição"


Ou les lettres d’amour d’une religieuse portugaise ou les Lettres Portugaises.
 
Considère, mon amour, jusqu’à quel point a été ton imprévoyance. Malheureux ! tu as été trompé et tu m’as trompée avec de faux espoirs.  Une passion que tu espérais te donner tant de plaisir, n’est plus maintenant qu’un mortel désespoir, qui ne peut être comparé qu’à la cruauté de l’absence qui le provoque. Ce peut-il que cet éloignement, pour lequel ma douleur aussi habile qu’elle soit, n’a pas trouvé de nom suffisamment déplorable, puisse m’empêcher pour toujours de me pencher sur ces yeux, où j’ai déjà vu tant d’amour, et qui éveillaient en moi des émotions qui me remplissaient de joie, qui suffisaient à mon bonheur, et valaient enfin pour toutes les choses du monde? Ah ! les miens sont privés de la seule lumière qui les illuminait, il ne leur reste que des larmes, et je ne m’en sers que pour pleurer depuis que j’ai appris que tu t’étais décidé pour cet éloignement qui m’est si insupportable, qu’il provoquera ma mort en peu de temps.
Il me semble pourtant, que même pour la souffrance dont tu es le seul responsable, je ressens quelque attachement…

« Considera, meu amor, a que ponto chegou a tua imprevidência. Desgraçado! foste enganado e enganaste-me com falsas esperanças. Uma paixão de que esperaste tanto prazer não é agora mais que desespero mortal, só comparável à crueldade da ausência que o causa. Há-de então este teu afastamento, para qual a minha dor, por mais subtil que seja, não encontrou nome bastante lamentável, privar-me para sempre de me debruçar nuns olhos onde já vi tanto amor, que despertavam em mim emoções que me enchiam de alegria, que bastavam para meu contentamento e valiam, enfim, tudo quanto há ? Ai os meus estão privados da única luz que os alumiava, só lágrimas lhes restam, e chorar é o único uso que faço deles, desde que soube que te havias decidido a um afastamento tão insuportável que me matará em pouco tempo. Parece-me no entanto, que até ao sofrimento de que és a única causa, já vou tendo afeição….”. 
 
En ces termes s’exprimait Soeur Mariana Alcoforado au début de sa première lettre. 

(j’ai pris un bout du texte sur le net, s’il y a des erreurs, veuillez m’excuser pour ma traduction)

 Une vue de Beja
......

Mariane Alcoforado (1640 – 1723) était la fille d’une famille noble et influente de la ville de Beja. D’après mes recherches, j’apprends que sa famille a placée la jeune Mariana, à l’âge de 11 ans, dans le couvent de « Nossa Senhora da Conceição » de Beja, en Alentejo(cette grande région qui s'étend depuis le nord de l'Algarve jusqu'au centre du Portugal.



A Festa é Nossa - Beja - Museu Regional de Beja pubié par Mandala Sa 

Je vous invite à une visite du couvent où vécut Soeur Mariana Alcoforado. Le couvent date du XVe siècle. On peut visiter l'église et un musée. Je remercie l'auteur du vidéo pour le partage. 
Monastère construit au XVe siècle où de nombrux portugais ont confectionné leurs oeuvres,architects, peintres, orfèvres, artistes d'azulejos, etc.
Mariana y vécut sa jeunesse, éloignée de sa famille. Néanmoins à ce qu'il semble, sans grande vocation pour devenir religieuse, elle dut prononce ses vœux à 16 ans (Mariana étant née en 1640, donc en 1656).

Afin de fortifier son indépendance, le Portugal menait en ce temps-là, une dure guerre contre l’Espagne. Un corps militaire français vint en aide de l’armée portugaise en 1663. Il est dit que le français Noel Bouton marquis de Chamilly faisait partie de ces renforts. Soeur Mariana  tomba amoureuse de lui.

Leurs regards se croisèrent. Mariana s’imagina vivre un grand amour. Sans doute soucieux des conséquences, le chevalier français quitta le Portugal avec son régiment en 1668, l’année où le Portugal signa le traité de paix avec le pays voisin. 


             Place de la ville de Beja

Les 5 lettres de la jeune religieuse portugaise ont été écrites à la suite de ce départ, et retrouvées en France où elles ont été traduites et d’abord publiées en 1669. 

Abandonnée par celui qu’elle aime, Mariana proclame son amour, sa révolte, le désir de la présence de son amoureux, l'espoir du retour, et toutes les étapes d’une passion qui la torture. Cette oeuvre, composée par les cinq longues lettres d’un amour romantique, addressées au Chevalier de Chamilly, ont eu beaucoup de succès en France. 

L'histoire a inspiré des pièces de théâtre et des films. En voici une bande annonce d'un film:
comme c'est pas possible de voir la video de Youtube, voici le lien 

Les Lettres Portugaises Bande Annonce Teaser (2013)

BandesAnnoncesCinema

samedi 9 février 2013

Ma grand-mere et les fleurs en papier







J’étais bien jeune lorsque ma mère m’emmenait en visite chez ma grand-mère qui habitait en ville. 

Petites maisons typiques de l'Algarve, sud du Portugal
 

Il nous fallait traverser la grande avenue et encore un autre quartier, avant d’arriver dans la petite rue où s’agroupaient de petites maisons typiques, les unes bien collées aux autres.

 
Mais la maison de ma grand-mère, comme les deux autres petites maisons construites de part de d’autre, avaient une petite cour qu’on appelle un « patio » sur le devant, avec des petits bancs en ciment où s’asseyaient les voisines qui revenaient du marché avec les sacs de commissions. C’était une petite pause pour un peu de conversation.


 La porte d’entrée donnait sur la salle qui faisait petit salon et salle à manger, ayant une porte qui elle-même s’ouvrait sur deux autre pièces jusqu’à la cuisine, donc trois pièces avant d’arriver à une cour intérieure découverte. 


Au bout de la cour, le grand-père avait construit des chambres, un rez-de-chaussée et un premier étage, pour installer leurs 5 enfants. 









Tout ce petit monde vivait dans ces chambres et petite cuisine. Et moi j’étais heureuse de m’y engouffrer, car dès l’entrée j’apercevais sur la table une assiette recouverte d’un napperon que grand-mère approvisionnait en petits gâteaux secs pour offrir aux convives, qui pouvaient être les voisines revenant du marché ou moi-même.   


Ainsi la table était occupée par cette assiette dont on devinait le contenu sucré et la quantité de gâteaux par le nombre de bosses qu’ils provoquaient à la surface du petit napperon.

 
Sur la table de ma grand-mère il y avait aussi toujours un pot d’eau en verre transparent. Et les verres étaient tout près dans l’étagère de l’armoire adossée au mur. L’eau avait un goût savoureux après cette traversée du « désert », parfois sous le grand soleil des mois d’été. 

 J'ai des souvenirs d’un grand émerveillement à l’époque Carnaval. Ma grand-mère mettait une chambre du rez-de-chaussée à la disposition des organisateurs du Carnaval. 

  


 
Et me voilà éblouie à chaque visite devant les grands rouleaux de papier de toutes les couleurs qui, posés les uns sur les autres, recouvraient tout un mur de la pièce. Et ensuite encore plus ravie en découvrant les grands sacs remplis de petites fleurs, bleues dans un sac, rouges dans un autre, jaunes ou blanches dans le suivant, etc.

 
 Il faut dire qu’en ce temps là les chars étaient faits par les gens des quartiers. Chaque quartier avait un thème et un char. Des milliers de fleurs étaient façonnées par les femmes et jeunes filles qui devaient s’y prendre des mois à l’avance. 



 


Le soir, il y avait réunion chez ma grand-mère. Elle installait des chaises basses dans la chambre « magique » où femmes et jeunes filles travaillaient jusqu’à tard dans la nuit pour remplir les grands sacs de petites merveilles qui iraient recouvrir les chars fleuris. 
Ce sont mes photos du  défilé du Carnaval au sud du Portugal en 2012.

  






 

De nos jours les défilés du Carnaval sont organisés par les mairies des villes. 




Les volontaires et moins volontaires, travaillent dans de grands hangars où ils et elles confectionnent des petites fleurs en papier pour recouvrir les chars du Carnaval comme au temps de ma grand-mère.

Pour un peu d'ambiance, la vidéo d'un groupe du carnaval de Ovar, ville du nord du Portugal près de Porto  (en 2012)

Joanas do Arco da Velha Parte 1 Carnaval de Ovar 2012
publicado por Carlota516

En 2013, à Torres Vedras, ville au nord de Lisbonne, défilés de Carnaval de samedi et dimanche:



Carnaval de Torres Vedras 2013 - Noite de Sábado
Torres Vedras CM






samedi 2 février 2013

Amour, amandiers et gateaux en Algarve

 




On associe généralement cette histoire au château de Silves. Enfin c’est plutôt une légende. Mais on connaitrait  même  le nom de la princesse, qui s’appelait Gilda. Et pratiquement tout le monde au Portugal sait ce qui s’est passé.


Il était une fois un émir maure qui régnait sur l’Algarve il y a bien longtemps, quand l’Algarve était un royaume. Un jour arriva par ici une captive venue du nord de l’Europe. 


 Elle était  très belle, blonde, avec des yeux bleus. Dès qu’il la vit, l’émir en tomba immédiatement amoureux. Il la libéra de son état d’esclave, l’amena dans son palais et en fit une princesse.





Peu de temps après tout le royaume de l’Algarve célébrait en grande cérémonie le mariage de l’émir maure et de Gilda. Mais quand la jeune femme demanda si elle pouvait retourner dans son pays, le jeune mari lui répondit que non, qu’elle devrait rester à ses côtés pour toujours. 

La princesse devint peu à peu très triste. Et la tristesse qui s’était abattu sur elle augmentait jour après jour. Ces yeux ne brillaient plus, et l’émir s’inquiétait. Il fit venir plusieurs médecins sans résultat. Jusqu’à ce jour où un sage du pays de sa bien-aimée, informa l’émir sur le mal qui rongeait la princesse : elle avait la nostalgie de son pays natal qui se recouvrait d’un manteau blanc, quand venaient les mois d’hiver et que la neige tombait.  

Les conseillers se réunirent. Le cas était de difficile résolution, car il s’avérait impossible de faire transporter des quantités de neige vers l’Algarve où les températures de  l’hiver sont plutôt clémentes. Mais quelqu’un a eu une idée et l’émir a repris espoir. 



L’ordre fut donné pour que, autour du château et dans tout l’Algarve soient plantés des milliers d’amandiers. Les arbres grandirent rapidement, et très vite, au mois de décembre et janvier, des millions de petites fleurs blanches resplendissaient au soleil. 

Du haut des remparts, l’émir montra à sa femme ce nouveau paysage avec la campagne toute blanche qui l’émerveilla et qui fit des merveilles au niveau de sa guérison. Tous les ans qui suivirent, en hiver, l’Algarve se couvre des fleurs blanches qui rappelaient à Gilda la neige de son pays. Ils vécurent heureux.


Voici mon essai pour situer la légende et les deux personnages. 

C'est la Légende des Amandiers (Lenda das Amendoeiras).
Ces plantations d’amandiers en Algarve ont donné lieu à la récolte d’amandes. Il s’en suivit la fabrication de plusieurs produits dont les fameux gâteaux qui sont traditionnels en Algarve. Même si on continue de voir leur floraison, on les regarde moins, car il paraitrait que les amandes qui viennent de Californie ont envahi le marché. Bon, ce sont peut-être que des rumeurs, mais ont voit beaucoup d’amandes qui vieillissent sur les branches. 

En attendant il y a des pâtisseries qui continuent à proposer à leurs clients les gâteaux de l’Algarve, faits avec la délicieuse pâte d’amande. 


 


Il y en a de plusieurs sortes. Ceux des photos sont moulés en formes décoratives, petits fruits colorés, petits cochons, poules et petits poussins, poissons, ou ceux qui ressemblent à des petits fromages ronds. En général ces petites pâtisseries sont fourrées avec un mélange moelleux.

 

La liste ne s’arrête pas là, car il est très habituel que l’on ait recours à la pâte d’amande pour des gâteaux roulés ou pour les gâteaux d’anniversaire.